1h30

La mise en scène 

Dominique Jean metteur en scène et comédien, résolument intégré dans la vie culturelle théâtrale de la Nouvelle Calédonie, Créateur du « Petit Théâtre » compagnie amateur et semi professionnelle, et maintenant de « La Compagnie de l’Archipel » compagnie professionnelle ; son désir est d’ouvrir le théâtre à tous ceux, professionnels et amateurs, qui désirent en faire un outil dédié à la construction sociale de la Nouvelle Calédonie.

Son projet 

Commander une pièce de théâtre sur le thème du retour au pays, de l’amitié et de la citoyenneté calédonienne pour en faire un spectacle destiné au public calédonien, adolescents et adultes, avec le soutien des institutions calédoniennes.

Les auteurs

Caroline Martin, auteur de nombreuses pièces de théâtre, connue du grand public grâce à son émission culturelle « Courant d’art » est désormais en charge de la production des émissions d’animation culturelle locales; diplômée de Sciences Politiques, elle est en contact permanent avec la vie culturelle du territoire, ce qui fait d’elle un témoin privilégié pour aborder le thème de la citoyenneté.

Alain Camus : enseignant de français dans le Pacifique sud, à la retraite, auteur de nombreuses pièces de théâtre, lauréat du 1er prix pour ses nouvelles au festival du Silo de Poindimié. C’est son expérience de professeur en Polynésie et en Calédonie qui lui a permis de créer les personnages adolescents.

Les comédiens

Marité Siwene, Myriam Sarg, Sam Kagy, Natalija Stephanovitch, Franck Gatefaix, Dominique Jean

Le titre

Une heure trente
 
C’est le retard qu’a pris l’avion mais c’est aussi le temps que vont avoir les personnages pour se retrouver et se redécouvrir.

Le pitch

Mail de Louise : « Arrive à l’aéroport le 2 septembre à 20H00…J’espère que tu seras là ! Attention surprise… »

Résumé de la pièce

Une jeune Mélanésienne Louise revient en vacances au pays après dix années passées en Europe. Seuls prévenus de son retour, son frère et ses amis d’enfance montent à Tontouta pour l’accueillir. Ils ont en commun un lourd secret par lequel ils restent unis malgré les années et la distance. Mais après dix ans d’absence, tous ces personnages ont évolué, changé, grandi. Comment Louise sera-t-elle accueillie par ses amis ?  L’attendent-ils avec impatience ? crainte ? et qu’est-ce qui a changé ?

Pistes pédagogiques

La pièce peut servir de point de départ à de nombreux débats en ECJS, en sciences humaines ou en philosophie ; elle peut également servir à des exercices d’argumentation orale. Ses thèmes, la société calédonienne, le fonctionnement de ses institutions mais aussi et surtout l’adolescence, l’amitié, le secret, la justice, la vengeance et le viol sont de ceux qui intéressent collégiens et lycéens.

La société calédonienne

La société calédonienne est une société qui s’invente chaque jour et qui tente de se réaliser au travers de choix politiques, sociaux, philosophiques complexes. Nous sommes nombreux à nous poser la question de notre place  et de notre futur. Pourtant, cette société a fait le pari et a pris le risque  inouï de tenter l’aventure du « Comment bien vivre ensemble dans le respect des différences et des cultures » tout en se posant des questions inquiètes sur ces choix. Avons-nous assez de clés pour revendiquer une citoyenneté calédonienne ?

Que signifie être Calédonien ?

Quelle est notre place dans une société mondialisée qui absorbe les différences ? Notre réponse est résolument positive, ne serait-ce qu’au regard de la formation de notre troupe de théâtre. Dans cette pièce nous posons un regard sur un groupe d’adolescents et
d’adultes calédoniens, à l’époque de leur construction pour les uns et à l’heure du bilan pour les autres.

L’adolescence

On le voit déjà avec le développement physique : la puberté inquiète, taraude et questionne le garçon ou la fille. Or peu nombreux sont les adultes, qui se sentent capables de lui expliquer son évolution. Dès la fin de l'enfance, déjà les difficultés apparaissent  et mettent l'adulte mal à l'aise, d'autant plus que certains tabous subsistent. La nouvelle envergure du jeune est bien sûr nécessaire, et déclenche spontanément les difficultés socioaffectives. Ces difficultés sont socioculturelles d'une part, et naturelles de l'autre. Au plan socioculturel, l’adolescent s'interroge sur la maturité sociale du monde dans lequel il vit. Les réponses qu'il trouve successivement, ou qu'il affine, lui permettent de définir sa propre démarche sociale de futur adulte. Au plan naturel, les difficultés socioaffectives sont notamment liées à la montée du désir. Le jeune doit nécessairement parvenir à se resituer dans son environnement social :  famille, professeurs, petit-ami(e)s ami(e)s, copains/copines, camarades, fréquentations.
Vis-à-vis de ses parents, un nouveau rapport émerge, afin que le jeune puisse s'émanciper à son aise. La psychanalyse parle de nécessaires réactivations du complexe d'Œdipe, lors desquelles les parents ont leur rôle à jouer. Le jeune est dans une situation paradoxale, puisqu'autant il a régulièrement besoin du soutien matériel, financier, social et affectif de sa famille, autant il a essentiellement besoin de marges de manœuvres toujours plus vastes, ou de libertés. Il devra donc régulièrement se retourner vers des personnes dont il aspire à quitter la dépendance.

Des adultes, qu'il est amené à fréquenter souvent, il attend d'être reconnu à sa juste valeur : il a besoin de confiance, d'écoute et de responsabilité, autant que d'autorité (une autorité de compétence), de limites et de sécurisation, car c'est en testant et en se confrontant au cadre, qu'il peut lui-même construire sa propre démarche d'adulte, ainsi qu'apprendre à mieux se connaître et gérer son impulsivité, son émotivité et ses facultés nouvelles. L’adolescent ne se passe pas d'idéalisme au sens courant du terme, bien qu'il lui donne un caractère philosophique et politique. Le jeune a soif d'absolu et de valeurs à concrétiser dans le monde environnant, et ses euphories et ses déprimes sont d'autant plus intenses que le monde diffère de ses attentes. L'idéalisme adolescent est nécessaire au jeune qui, à travers lui, doit pouvoir définir ses propres valeurs, afin de fonder ses démarches d'adulte, qu'il s'agisse du nihilisme (ou absence de valeurs) comme de la liberté, l'égalité et la fraternité réelles.

La fidélité le secret et le serment Le serment :  Définition : Affirmation, promesse que l'on fait sur son honneur ou en prenant à témoin ce que l'on regarde comme sacré.

A l’origine de toute forme de fidélité se trouve un engagement. Que ce soit en amitié ou en amour on ne peut en toute rigueur dire d’une personne qu’elle est fidèle, ou infidèle, que si elle s’est au préalable engagée à respecter une promesse ou une certaine constance. Il se peut toutefois que cet engagement soit difficile à assumer, ce qui peut d’ailleurs être source de malentendu. La fidélité au secret engage ainsi sur l’avenir ; c’est pourquoi elle peut avoir la forme d’une promesse ou d’un serment, c’est-à-dire de gestes qui, par définition peuvent être, comme on dit, « trahis ». Remarquons bien qu’il ne s’agit pas là d’une caractéristique secondaire ou « accidentelle » de la fidélité : c’est précisément parce qu’on ne peut jamais être absolument sûr qu’il sera tenu que l’engagement a le sens qui est le sien : la fidélité est totale ou n’est pas.

Une promesse de silence faite autour d’un drame et d’un secret est perturbante pour les personnes concernées car elle s’inscrit en profondeur dans le psychisme pour des années et on construit sa personnalité en compagnie d’une angoisse et d’une inquiétude qui ne peut  trouver libération qu’en rompant ce tabou. Elle peut aussi créer un lien particulier qui rend fort pour qui se persuade de l’intérêt presque sacré du besoin de garder le silence. On a alors l’impression d’être différent, particulier unique. On n’est donc tenu, en toute rigueur, d’être fidèle qu’à ce à quoi on s’est engagé. On peut alors remarquer qu’être fidèle à sa promesse ne peut pas réellement signifier autre chose qu’avoir une vie, un comportement en totale cohérence avec ses pensées, même si, du fait de changements de pensées, cette cohérence implique des changements de vie ou de comportement. La tentation de rompre cet engagement peut être source de conflit intérieur violent ; alors réapparaît le délicat problème du rapport entre fidélité et liberté : comment s’engager à être fidèle, d’une quelconque manière, sans abdiquer sa liberté ? Qui peut affirmer qu’il ne pensera jamais que l’engagement de fidélité qu’il a pris était une erreur? Donc ne peut-on pas en conclure que la seule fidélité à laquelle on doive s’engager, et même la seule qui ait un sens, est la fidélité à soi-même ?

L’amitié :

Ce spectacle parle avant tout d’amitié, ce lien fondamental qui cimente nos sociétés, les peuples et qui crée de la citoyenneté. Comment ce lien évolue-t-il et quelle est sa résistance face au temps, à l’histoire et aux influences émotionnelles diverses ? Quand un groupe d’amis se retrouve après de longues années, quel regard critique portent-ils sur le présent et le passé ? La question fondamentale que tout le monde se pose à l’heure des bilans « qu’est-ce qu’on est devenu !? » Dans l’espace théâtral, des histoires personnelles s’entrechoquent, et se questionnent.

Est-ce que l’amitié peut survivre à cela ? 

La vengeance et la Justice  La littérature de jeunesse et le cinéma ont largement exploité les situations dans lesquelles des enfants ou des adolescents mettent en déroute des malfaiteurs ou s’érigent en défenseurs des valeurs morales. La fiction permet en général un heureux dénouement. C’est ce que les auteurs ont privilégié dans la pièce. La réalité est toute différente et ce peut être l’occasion d’ouvrir la réflexion des adolescents sur les notions de vengeance et de justice. Colomba de Mérimée (1840) évidemment. On pourra aussi, selon le niveau des élèves revenir à des textes importants du patrimoine mondial :
Eschyle L’Orestie dans lequel Apollon, qui a poussé Oreste au matricide, s’incline devant la volonté d’Athéna d’instaurer les lois qui permettront que soient prononcées d’équitables sentences. Agamemnon et Les Choéphores racontent la succession des vengeances tandis que le troisième volet de la trilogie, Les Euménides, y met un terme en instaurant le tribunal des hommes. Plusieurs traductions récentes qui utilisent une langue dramatique d’aujourd’hui sont disponibles en librairie. Pierre Gope, dans Où est le droit ? (Editions Grain de sable) propose une issue autrement pathétique mais « parle » directement aux jeunes de notre pays.

Le viol

Suggestions bibliographiques :
  • Jean Molla Djamilla Grasset Lampe de poche, 2003 (violence, vengeance, délinquance)
  • Martine Pouchain, Printemps volé - Pocket jeunesse, 2005 (viol)
  • H.M. Samira - Grasset jeunesse 2009 (viol)
  • Sarah Dessen, Ecoute-la - Pocket jeunesse, 2007 (viol, anorexie)


1h30 de plaisir, pour tout ceux qui ont aimé c'est ici que vous pouvez noter vos commentaires : en voici un reçu par mail

Le hasard d'une balade nous a fait decouvrir le theatre ce samedi soir,un arret pour se renseigner, une pièce débute? On y va! Une heure et demi de plaisir, instructif, riche en creation avec des interpretes talentueux et motivés. Une heure et demie a voir absolument
Bravo et merci!

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