mardi, 21 février 2012 06:29

Fin de partie

Fin de partie. End game. Game over. Une pièce qui débute par la fin : « Fini, c’est fini, ça va finir, ça va peut-être finir » C’est déjà pas banal. De qui se moque-t-on ? Le jeu donc. Lequel ? Peu importe. On joue pour gagner. On perd souvent. On est toujours perdant. Un Roi au centre de l’échiquier et son pion qui le fait vivre mais qui voudrait bien le zigouiller.

Publié dans Saison 2009

Le cycle en hommage à Samuel Beckett se poursuit…

Après Oh les Beaux jours et la lecture de la semaine dernière, nous finirons, comme il se doit, par  Fin de Partie. Je vais tenter de suivre cette création pour vous. Chaque jour, j’observerai le travail, assisterai aux répétitions pour partager avec vous la naissance de cette pièce. 4 comédiens travaillent actuellement au Théâtre de l’île, tous les jours de 9h30 à 18h30 pour vous présenter cette pièce de Samuel Beckett. La compagnie Kalachakra, composée pour l’occasion d’Annie Barangua, Jean-Louis Canolle, Nicole Kurtovitch et Michel Masotta se prépare pour la première qui aura lieu le 24 septembre. Maryse Courbet et Yves Borrini, de la compagnie Le Bruit des Hommes, dont vous avez pu admirer le talent dans les Oh les Beaux jours, s’occupent de la mise en scène.  Pour commencer nous pourrions faire un point sur l’histoire, je vous donne une version courte, et une plus longue, du metteur en scène.

La configuration est simple : Hamm, aveugle et paralytique, tyrannise Clov et ses parents, Nagg et Nell. Le champ d’action est le langage : on raconte, on exige, on fantasme, on s’insulte. C’est une pièce drôle où nous voyons deux êtres qui se déchirent, qui jouent une partie comme une partie d’échecs et ils marquent des points, l’un après l’autre. Ils sont liés, organiquement, par une espèce de tendresse qui s’exprime avec beaucoup de haine et de sarcasme. Une merveille.

Fin de partie. End game. Game over.

Une pièce qui débute par la fin: « Fini, c'est fini, ça va finir, ça va peut-être finir » C'est déjà pas banal. De qui se moque-t-on?

Le jeu donc. Lequel ? Peu importe. On joue pour gagner. On perd souvent. On est toujours perdant.

Un Roi au centre de l'échiquier et son pion qui le fait vivre mais qui voudrait bien le zigouiller. Le jeu est toujours cruel et immoral. C'est comme ça. Hamm et Clov.

Le Théâtre est aussi jeu. On ment pour dire le vrai et ce qui passe pour être le vrai n'est que du toc, de l'illusion, du trompe-couillon. Un cabot, le roi des cabots au centre de la scène. Un roi trop sheskeaperien pour être honnête. Hamm débute son rôle par « A moi de jouer ». Et il est flanqué de son faire valoir, le bouffon du roi qui ne vaut pas un clou. Clov et clou du pareil au même. Paronimie qui appelle à la pantomime, à la clownerie: «  démarche raide et vacillante » précise Beckett.

Et dans les poubelles, deux authentiques vieux en train de mourir. Mais ils sont à croquer comme des bébés, délicieux et attendrissants comme une belle grand-mère à la peau vanillée, « jolie comme un cœur » dit Hamm de sa mère.

Le lieu, quelque part entre la vie et la mort, le lieu de la « lumière grise ». Un lieu avec, forcément, son Esprit, l'esprit du lieu, Hamm qui trône sur sa chaise-autel roulant. Un Esprit avec son diablotin, larbin qui le nourrit. L'Esprit est coquin, capricieux, bouffon, calculant ses apparitions et distillant ses oracles et ses paraboles. « Ah les gens, les gens, il faut tout leur expliquer »

C'est le lieu de l'impossible représentation de l'humanité.

Et qu'est-ce qu'il s'y passe ? Mais que voulez-vous qu'il se passe, rien évidemment. Comme toujours On attend, on parle, on recommence et ça parle et ça recommence et ça se tait... à l'infini. 

«  Quelque chose suit son cours », si ça peut vous rassurer. Voilà.

Variations infiniment recommencées de Beckett. La jouissance de toujours réinventer la même musique. C'est toujours nouveau. C'est le moule du théâtre. C'est tout bonnement génial.

Mardi 8 septembre

Les premiers éléments du décor viennent d'arriver... les comédiens, tels des enfants, jouent, découvrent, testent... Des clowns, des clovs, des nells ou naggs, allez savoir, jouent avant de se prendre un coup de hamm sur la tête...

Publié dans Actualités 2009

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