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Lundi, 06 Septembre 2010
Fin de partie Imprimer Envoyer
Quand ? Jeudi 24, vendredi 25 septembre à 20h, samedi 26 et dimanche 27 septembre à 18h | Création - Théâtre de l'absurde : Tout public à partir de 14 ans | Représentation scolaire : le 22 septembre à 13h30 et le 23 septembre à 9h

Distribution
  • Mise en scène Yves Borrini et Maryse Courbet
  • Avec Annie Baranga, Jean-Louis Canolle, Nicole Kurtovitch et Michel Massota
  • Lumières Laurent Lange
  • Décor Décor’actif

Durée
  • 1h15

> Répétitions publiques
et lectures

de Samuel Beckett

Cie Kalachakra
Fin de partie. End game. Game over. Une pièce qui débute par la fin : « Fini, c’est fini, ça va finir, ça va peut-être finir » C’est déjà pas banal. De qui se moque-t-on ? Le jeu donc. Lequel ? Peu importe. On joue pour gagner. On perd souvent. On est toujours perdant. Un Roi au centre de l’échiquier et son pion qui le fait vivre mais qui voudrait bien le zigouiller. Le jeu est toujours cruel et immoral. C’est comme ça. Hamm et Clov.

Le Théâtre est aussi jeu. On ment pour dire le vrai et ce qui passe pour être le vrai n’est que du toc, de l’illusion, du trompe-couillon. Un cabot, le roi des cabots au centre de la scène. Un roi trop Shakespearien pour être honnête. Hamm débute son rôle par « A moi de jouer ». Et il est flanqué de son faire-valoir, le bouffon du roi qui ne vaut pas un clou. Clov et clou du pareil au même. Paronimie qui appelle à la pantomime, à la clownerie : « démarche raide et vacillante » précise Beckett.
Et dans les poubelles, deux authentiques vieux en train de mourir. Mais ils sont à croquer comme des bébés, délicieux et attendrissants comme une belle grand-mère à la peau vanillée, « jolie comme un cœur » dit Hamm de sa mère.
Le lieu, quelque part entre la vie et la mort, le lieu de la « lumière grise ». Un lieu avec, forcément, son Esprit, l’esprit du lieu, Hamm qui trône sur sa chaise-autel roulant. Un Esprit avec son diablotin, larbin qui le nourrit. L’Esprit est coquin, capricieux, bouffon, calculant ses apparitions et distillant ses oracles et ses paraboles. « Ah les gens, les gens, il faut tout leur expliquer ». C’est le lieu de l’impossible représentation de l’humanité. Et qu’est-ce qu’il s’y passe ? Mais que voulez-vous qu’il se passe, rien évidemment. Comme toujours on attend, on parle, on recommence et ça parle et ça recommence et ça se tait... à l’infini.
« Quelque chose suit son cours », si ça peut vous rassurer. Voilà.Variations infiniment recommencées de Beckett. La jouissance de toujours réinventer la même musique. C’est toujours nouveau. C’est le moule du théâtre. C’est tout bonnement génial.

Fin de partie


Cycle Beckett

20e anniversaire de sa disparition


La critique

Hamm : Si tu me quittes comment le saurai-je ? Clov : Et bien tu me siffles et si je n’accours pas c’est que je t’aurai quitté.
Télérama