« Monter Marivaux ». Une réjouissance. Un festin. Monter ce triomphe de l’amour comme on monte une crème chantilly. Se réjouir des vertiges de la langue, des vertiges du travestissement, vertiges des sexes, vertige de la séduction, de la confusion. Vertige du jeu. Emotions jaillissantes.
Ce sera un spectacle sur le plaisir, la jubilation, le désir, une fantaisie qui nous dira le triomphe de l’amour sur le politique, les dogmes, le figement, qui nous dira le bonheur du corps éveillé et réveillé, qui nous dira combien l’amour est vital.
Cette fantaisie s’adresse à un large public, adolescents en herbe et plus : à une époque où l’on est en plein frottement avec les dangers des intégrismes de tout bord et les dérives auxquelles ils exposent évidemment les futures générations, ce Triomphe de l’Amour est une mine qui pose la question de liberté de penser, de la liberté d’envisager sa vie amoureuse et intime. Peurs, frilosités, xénophobies, tout dans la sphère politique va à l’encontre de la notion de plaisir, d’accueil, d’épanouissement. Envie de faire la nique à tout ça.
Marivaux, philosophe discret, est un joueur, un malin, un jouisseur, amoureux et détrousseur de l’espèce humaine. Il nous livre sa pièce et nous l’explorons tels des amoureux pas dupes de l’espèce humaine si belle et si vache à la fois en amour.
La structure de la pièce est particulière en ce sens que le mouvement ne s’arrête jamais jusqu’au point final.
L’entreprise de cette fille qui prend son destin en main, qui s’émancipe des pères, des querelles ancestrales, des névroses politiques est sans rupture, et donne à la pièce une énergie, un tonus, un rythme vivifiant, incontournable et cruel.»
Cendre Chassanne