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Jeudi, 09 Septembre 2010

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Tags >> Ruzante

Zoom sur Bruno Putzulu

Posté par : Marie-Eve dans Ruzante le

Acteur français de cinéma et de théâtre, Bruno Putzulu est un comédien confirmé. En plus d’avoir obtenu plusieurs récompenses pour son professionnalisme, il a été fait Chevalier des Arts et des Lettres. Il a travaillé avec plusieurs cinéastes de la scène théâtrale et cinématographique, dont Jean-Pierre Mocky et Bertrand Tavernier.

Ce jeune Toutainvillais a des origines sardes, qu’il tient de son père. Putzulu passe son enfance dans sa ville natale, en Haute-Normandie. Il est passionné de football. Toutefois, c’est une carrière d’acteur qui l’attend.

En 1990, il intègre les rangs des étudiants du metteur en scène Philippe Adrien au Conservatoire national supérieur d'art dramatique. Il est alors âgé de vingt-trois ans. Après trois ans d’apprentissage du métier de comédien, il tente sa chance à la Comédie Française. Bruno Putzulu y est reçu en 1994.
À l’occasion, il évolue de nouveau au côté de Philippe Torreton, un ami rencontré auparavant à l’université de Rouen. À cette époque, il fait ses premiers pas dans des pièces comme La Serva amorosa de Carlo Goldoni en 1993, ou encore Occupe-toi d'Amélie, de Georges Feydeau en 1995. La même année, son ami Torreton le recommande au réalisateur Bertrand Tavernier. Ce dernier offre à Bruno Putzulu un rôle dans le film l’Appât. C’est cette expérience cinématographique qui déclenche la notoriété du jeune acteur auprès du grand public.


En 1996, il reçoit sa première grande récompense, le Prix d'Interprétation du Meilleur Comédien au Festival de Saint-Jean-de-Luz pour sa prestation dans Les Aveux de l'innocent, une oeuvre de Jean-Pierre Améris. Le jeune comédien sera plusieurs fois primé, ce qui consolide son assurance.
En 1999, Bruno Putzulu obtient le César du Meilleur Jeune Espoir Masculin grâce à son superbe jeu dans Petits désordres amoureux d’Olivier Péray . Passant avec aisance d'un registre à l'autre, l'acteur à la diction singulière se produit cette même année dans le drame social Une minute de silence de Florent Emilio Siri puis dans la comédie Pourquoi pas moi ? de Stéphane Giusti.


En 2000, il se lance dans la réalisation avec le court-métrage Passage à Cannes. Séduit par sa prestation dans Les Passagers de Jean-Claude Guiguet, Jean-Luc Godard (pour qui Putzulu à une grande admiration) offre un rôle au comédien dans son film-poème Eloge de l'amour en 2001.


Artiste au caractère bien trempé, il se fait renvoyer de la Comédie Française en 2002. Mais sa carrière n’en sera pas réellement affectée, puisque l’année suivante on le retrouve dans Monsieur N., un film d’ Antoine de Caunes dans lequel il joue aux côtés de Philippe Torreton qui a le premier rôle. Le film relate l’histoire de l’empereur français Napoléon Bonaparte.
On le retrouve ensuite dans Père et Fils de Michel Boujenah, dans Holy Lola de Bertrand Tavernier et dans Tout pour l'oseille de Bertrand Van Effenterre. L’acteur français est aussi présent dans des téléfilms comme La Place de l'autre de Roberto Garzelli , en 2003, ou encore Le Temps meurtrier de Philippe Monnier, en 2004.


Parallèlement, il continue sa carrière au théâtre en jouant la même année dans Ruzante d’Angelo Beolco, sous la direction du metteur en scène Jean-Claude Berutti. Bruno Putzulu se produira dans cette pièce jusqu’en 2007, année au cours de laquelle on le retrouve sur le petit écran dans Le Diable en embuscade, épisode de la série réalisée par Jean-Pierre Mocky , Mister Mocky Présente... Son curriculum vitae artistique est d’ores et déjà bien rempli. Il a joué dans une bonne vingtaine de pièces théâtrales, et dans une dizaine de films, tous genres confondus.


En 2008, il joue aux côtés d’Elsa Zylberstein dans la comédie dramatique de Jean-Marc Moutout, La Fabrique des sentiments, peinture contemporaine des relations amoureuses et de la solitude.


L’année 2009 fourmille également de projets pour l’infatigable Bruno Putzulu. Outre L’âme du Mal, téléfilm de Jérôme Foulon - inspiré d’une oeuvre de Maxime Chattam – il participe également à un autre téléfilm - cette fois pour France 2 – Boubouroche, adapté d'une nouvelle de Georges Courteline, réalisé par Laurent Heynemann et avec Julie Depardieu.


RUZANTE

Posté par : Marie-Eve dans Ruzante le

 

C'est ici que je vais tenter de vous donner envie de venir voir la super production de l'année, notre spectacle phare, celui pour lequel nous faisons venir 2 tonnes de matériel !!!!!

Et pour commencer, un petit résumé de la pièce :

On pourrait dire qu’avec le personnage de Ruzante qu’invente et que joue Angelo Beolco dans la Vénétie du XVIe siècle - naît le comique moderne. On est du côté de Buster Keaton ou de Charlie Chaplin. Toute la peur du monde extérieur pousse Ruzante soit à mourir de terreur, soit à s’enfuir, soit… à user de la violence comme ultime recours. C’est donc l’histoire d’un paysan qui s’est laissé enrôler pour la guerre. Il revient dans son village et sa femme a disparu. On lui dit qu’elle s’est réfugiée à Venise ; il y part pour la retrouver et y rencontre son copain, lui aussi réfugié dans la capitale, à qui il raconte ses soi-disant faits héroïques au champ de bataille… Sa femme passe dans la rue, le reconnaît à peine et lui dit préférer sa nouvelle situation à Venise à la pauvre vie qu’il lui faisait subir aux champs. Mais Ruzante veut récupérer sa femme à tout prix, et cette aventure, malgré le comique du personnage, finira mal.

L'auteur : Angelo Beolco

Ruzante, personnage créé et incarné à l’origine par Angelo Beolco, reste aujourd’hui encore peu connu du grand public. L’auteur a pourtant marqué le théâtre italien de la Renaissance par l’introduction sur la scène de cette figure paysanne et avec elle des rapports entre la classe populaire et la bourgeoisie. Un théâtre nouveau, à la plume audacieuse, mais controversé, qui aurait marqué les prémices de la Commedia dell’arte et de son célèbre Arlequin.

Angelo Beolco est un auteur du XVIème siècle. Fils naturel d'un médecin de Padoue, il évolue à cette époque de la Renaissance dans le milieu aristocratique tout en administrant les affaires d'un promoteur d'agriculture. Il se révèle, dans cette double condition, un auteur à la plume hardie et un acteur au talent exceptionnel.

Pour apprécier comme il se doit les œuvres d’Angelo Beolco, alias Ruzante, c’est-à-dire l’acteur et l’auteur de théâtre le plus important de la Renaissance italienne, il faut avant tout comprendre à qui nous avons affaire. 

Révolutionnaire, esprit libre, intellectuel ouvert et dialectique, il le fut assurément : c’est ce qui fait de lui un auteur comique et satirique souvent irrévérencieux, qui aimait se moquer de tous, seigneurs et cardinaux aussi bien que vilains. Envers ces derniers, toutefois, il faisait preuve d’une affectueuse solidarité qui venait de sa condition de bâtard, fils d’une paysanne. C’était un homme de son temps, comme on dirait aujourd’hui, attentif à ce qui se passait autour de lui et toujours prêt à dénoncer sans peur, avec une ironie piquante, les injustices et l’affrontement entre les exploités et les exploiteurs.